ONZE NOVEMBRE A VERTOU

Ce matin à VERTOU, il y avait foule pour la commémoration de l’armistice du 11 novembre 1918.

La fanfare, l’Ecole de Musique, gendarmes et sapeurs pompiers ont contribué à donner du lustre à cette manifestation qui voulait rendre un hommage particulier aux 215 vertaviens morts pendant ce que l’on a appelé « la Grande Guerre ».

La lecture par des écoliers ou des collégiens de lettres de « poilus » a été un grand moment d’émotion.

En cliquant sur « Lire la suite », vous pourrez prendre connaissance du discours que j’ai prononcé à cette occasion.

Ce matin à VERTOU, il y avait foule pour la commémoration de l’armistice du 11 novembre 1918.

La fanfare, l’Ecole de Musique, gendarmes et sapeurs pompiers ont contribué à donner du lustre à cette manifestation qui voulait rendre un hommage particulier aux 215 vertaviens morts pendant ce que l’on a appelé « la Grande Guerre ».

La lecture par des écoliers ou des collégiens de lettres de « poilus » a été un grand moment d’émotion.

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COMMEMORATION DE L’ARMISTICE DU 11 NOVEMBRE 1918 11 novembre 2008 – Hôtel de Ville de VERTOU
Monsieur le Député,
Madame la Conseillère Générale,
Mes Chers collègues élus,
Mesdames, Messieurs,

« Pour la 3ème fois à cette même date, nous nous réunissons autour de cette tombe provisoirement élevée à la mémoire des enfants de Vertou morts pour la Patrie, afin d’apporter à ceux qui ont servi leur sang, le public hommage de notre admiration et le souvenir ému de notre patriotique reconnaissance.
Quatre vingt treize décès nous sont déjà officiellement connus. Combien d’autres hélas sont probables et n’ont pu être constatés et ne le seront peut-être jamais ! Que de deuils ! Que d’incertitudes angoissantes !
Parmi ces victimes du devoir quelques unes seulement reposent pieusement sur le sol natal. Le plus grand nombre dort dans un humble cimetière de village, là-bas près du front, d’où la fierté familiale les ramènera un jour à Vertou afin d’obtenir la suprême consolation de pouvoir s’agenouiller et prier sur la tombe du père, du fils ou du frère tant désiré.
Beaucoup peut-être gisent quelque part au milieu de la fournaise et nul ne saura jamais où leurs corps sont tombés. Personne ne fut témoin de leur dernier soupir, personne n’a recueillie leur dernière pensée. Angoisse effroyable ! Enigme cruelle !
»

Ainsi parlait le 1er novembre 1916, Alphonse FILLION, alors Maire de VERTOU. La guerre, celle que l’on ensuite appelée « La Grande guerre » ou « La première Guerre mondiale » était loin d’être terminée. Il faudra, en effet, attendre deux longues années pour qu’enfin le 11 novembre 1918 à 11h00 cessent les combats.
L’abbé GUIBERT, alors Curé de VERTOU, pourra alors écrire que : « L’annonce de la fin de la Guerre est accueillie avec une joie indescriptible. A VERTOU, comme dans le reste de la France, c’est du délire ».

Dix millions de morts et presque autant de blessés dans le monde,
1.400.000 morts ou disparus en France, soit 10 % des adultes masculins, dix départements dévastés. 215 morts à VERTOU soit le quart des 850 qui ont été mobilisés alors que VERTOU comptait 5500 habitants.
Un mort par semaine pendant quatre ans !
Pour comprendre le choc, le traumatisme ce serait aujourd’hui à VERTOU, qui compte quatre fois plus d’habitants : 3400 vertaviens qui seraient allés au combat et 860 qui auraient laissé leur vie.
Ces phrases prononcées par le Maire et le Curé de VERTOU et ces chiffres inimaginables permettent de comprendre la place particulière que la « guerre de 14 » comme on l’a longtemps appelée a pris dans la mémoire collective des français.
Aujourd’hui, dans ses 36.000 communes et devant ses 36.000 monuments aux morts, la France rend hommage à ses soldats morts pour leur pays.
Pour la première fois depuis 90 ans, aucun ancien combattant ne sera là puisque le dernier « Poilu », Lazare PONTICELLI est mort en mars dernier. (En langage familier de l’époque, le mot poilu voulait dire courageux).
Cela rend encore plus indispensable de commémorer le 11 novembre 1918.
Indispensable car selon la belle expression du Maréchal FOCH : « Parce qu’un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir »
Au-delà de l’hommage rendu aux morts et aux blessés, il faut aussi que le souvenir serve l’avenir. Servir l’avenir, aujourd’hui, c’est poursuivre inlassablement la construction européenne. Cette construction, au quotidien, permettra seule d’éviter de nouvelles guerres, de nouveaux conflits sur notre continent.
C’est bien parce que le 11 novembre 1918 n’avait pas éteint les ressentiments et les avait même exacerbés qu’une deuxième guerre mondiale dévastera le Monde provoquant encore plus de morts et d’horreur.
Et c’est parce que les dirigeants français et allemands, au premier rang le Général DE GAULLE et le Chancelier ADENAUER, l’avaient compris, qu’aujourd’hui les européens ne se battront plus entre eux. C’est aussi l’occasion de rendre hommage à tous les combattants de toutes les nationalités car cette guerre fut pour la première fois une guerre mondiale. Je ne veux pas oublier toutes les victimes civiles car cette guerre fut aussi une guerre totale.
Mais l’Europe n’est pas le Monde et aujourd’hui où l’on parle beaucoup de mondialisation, c’est la paix qu’il faut mondialiser.
Beaucoup de régions sont encore en guerre et cela continuera tant que le monde ne s’organisera pas pour mettre fin aux causes des conflits : famine, pauvreté, sous-éducation.
Et l’invraisemblable crise financière que nous traversons ne risque pas d’arranger les choses quand on sait les conséquences qu’elle risque d’avoir sur les économies mondiales.
Servir l’avenir aujourd’hui, c’est espérer qu’au niveau mondial les dirigeants de nos pays sauront trouver les moyens de mondialiser la paix et la prospérité comme après 1945 nos dirigeants ont su le faire en Europe.
Servir l’avenir enfin, par respect pour le sacrifice de ceux qui sont morts en combattant, en hommage à toutes les victimes des guerres ou des déportations, c’est que chacun d’entre nous, à sa place, fasse preuve de civisme et de respect de l’autre.
Ce serait au fond une manière concrète d’honorer les 215 vertaviens dont les noms sont inscrits sur la façade de l’Hôtel de Ville à qui les vertaviennes et les vertaviens expriment leur reconnaissance.

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Auteur/autrice : Laurent DEJOIE

Laurent DEJOIE Notaire Président de l'Association du Notariat Francophone Vice-président du Conseil Régional des Pays de la Loire